GUIRLANDE (Architecture.). Chaîne de fleurs ou de feuillage formant festons, spirales ou encadrements. Elle ne doit pas être confondue avec les rinceaux. La guirlande de fruits pendante s’appelle encarpe. L’usage d’enguirlander l’architecture pour faire une décoration de fête appartient à tous les temps, mais la reproduction des guirlandes en sculpture et en peinture est une création de l’antiquité romaine abandonnée avec l’art classique, reprise par la Renaissance et perpétuée jusqu’à nos jours. Elle est inconnue aux autres périodes de l’art. Ces guirlandes sont de trois variétés, soit espacées en bouquets reliés par des nœuds de rubans, disposition gracieuse et légère très usitée dans les peintures de Pompéi et dans les premiers monuments de la Renaissance, soit au contraire en boudin compact et souvent serré par des rubans entre-croisés. Ce motif est sculpté à la base de la colonne Trajane, et peint entre les caissons des voûtes de la chapelle Sixtine. Enfin des guirlandes de pampres s’enroulent sur des vases antiques, ou autour du fût de certaines colonnes généralement torses, des xviie et xvine siècles. Les usages de la guirlande sont multiples et les exemples aux époques antiques et modernes en sont innombrables.

On peut citer, dans l’antiquité, les guirlandes décorant les frises du temple deVesta à Tivoli et du tombeau de Cecilia Metella, à Rome et de nos jours, les guirlandes qui, à Paris, place du Panthéon, décorent le soubassement de la bibliothèque Sainte-Geneviève et les portes latérales du Panthéon : les premières, dessinées par Henri Labrouste, sont d’un galbe puissant et sculptées dans la pierre, et les secondes, dessinées par Constant-Dufeux, sont plus fines et fondues et ciselées dans le bronze. Au dernier siècle, les bâtiments de la place de la Concorde, œuvre de Gabriel, furent ornés de sortes de guirlandes qui ressemblent plutôt à des serviettes pendantes entre des patères et que surmonte le chiffre royal composé de deux L accolés.